La tour
Uwe Tellkamp


Le dernier roman d'Uwe Tellkamp se déroule peu avant la chute du
Mur de Berlin, il nous apporte avec sa vision un instantané de
la société est allemande.
Il y déploie le panorama d'une société qui vit ses derniers instants.
Une écriture précise, soignée, qui mêle
malice et finesse d'observation, en une plume à ... l'envol
attrayant.
Dresde, 1982. Les habitants d'un quartier résidentiel cossu se
sont depuis longtemps accomodé des conditions de vie. Pourtant,
les membres de cette bourgeoisie est-allemande, véritable
anachronisme en RDA, s'isolent parfois pour tourner le dos à la
grisaille quotidienne.
A commencer par Meno, correcteur pour une maison d'édition, qui
se doit de composer avec la censure ; mais aussi son beau-frère,
chirurgien qui mène une double vie et qui, avec sa femme,
aveugle et aimante, a élevé son fils. Celui-ci est un
éternel incompris qui incarne pour l'Homme Nouveau dont le nom
rayonnera un jour, dans le respect des plus belles valeurs – vie
familiale harmonieuse, amour de la culture, pratique de la musique,
travail acharné. Toutefois, cette peinture idyllique ne tarde
pas à se lézarder et bientôt, c'est le pays tout
entier qui tremble...
Uwe Tellkamp nous plonge dans l'ambiance de la RDA à travers le
prisme d'une époque oubliée, réplique de
l'Allemagne cultivée de la fin du XIXème siècle,
bulle délicieusement désuète dans ce pays
productiviste et matérialiste. Mais pour décrire cette
Allemagne de l'Est agonisante, jamais il n'adopte le ton de la
dénonciation : il préfère nous guider dans les
méandres et les secrets de ce monde qui nous a d'abord paru si
lisse et si parfait, et qui s'avère finalement être un des
rouages du système.
Uwe Tellkamp est né
à Dresde en 1968. Il entreprend des études de
médecine, qu’il doit suspendre un temps, car il est
emprisonné pour avoir manifesté contre le régime.
En 2004, il est lauréat du prix Ingeborg-Bachmann et
décide de se consacrer à l’écriture. La Tour
a été récompensé par le Prix du livre
allemand 2009.
965 pages
25 €

