Dans un avion pour Caracas
Charles Dantzig


En
abordant les premières pages, on ne peut qu'être
touché par la beauté profonde de l'écriture.
C'est écrit avec une grande profondeur, beauté de la
stylistique et récit émaillé de belles citations
qui pimentent ce texte fort.
Sensible et élégante, la plume séduit dans ses descriptions et le récit de cette amitié.
Un récit pudique et percutant.
C’est l’histoire d’un homme dans un avion. Il est
parti à la recherche d’un ami disparu. Cet ami, un
célèbre spécialiste des mots, un philologue, a
été enlevé au Venezuela. Pendant les neuf heures
du trajet entre Paris et Caracas, le narrateur va essayer de comprendre
pourquoi il s’est mis en tête d’écrire un
livre sur Hugo Chávez, « dictateur moderne, mélange
de Mussolini et de Michel Drucker ». Et il se pose des questions
sur l’amitié. Son ami disparu lui en avait dit des choses
violentes, choquantes, paradoxales peut-être. « Pour quelle
raison l’amitié devrait-elle être un vieux chien qui
sommeille à l’entrée de sa niche ? » Il en a
théorisé la rupture. Selon lui, en effet, il n’y a
pas d’amitié, il n’y a que des formes d’amour.
Pour l’amour, il y a eu Lucie, une artiste conceptuelle, gaie et
narquoise, qui sait très bien ce qu’elle veut. Et
d’abord, qu’elle veut Xabi. Le disparu s’appelle en
effet Xabi, prénom basque qui se prononce « chabi ».
C’est un homme qui aime les mots, les femmes et les fleurs. Les
fleurs et les mots ne le décevront pas, mais qu’en est-il
de Lucie, la jeune rousse aux goûts ambigus ? Ah, Xabi,
qu’est-il donc allé faire au Venezuela ?
Charles Dantzig est
l’auteur de plusieurs romans (Nos vies hâtives, prix Roger
Nimier et prix Jean Freustié, 2001, Un film d’amour, 2003,
Je m’appelle François, 2007) et d’essais tels que le
Dictionnaire égoïste de la littérature
française – cinq prix littéraires dont le prix
Décembre, le prix des Lectrices de Elle et le grand prix de
l’Essai de l’Académie française, 2005
–, l’Encyclopédie capricieuse du tout et du rien
(prix Duménil, 2009) et Pourquoi lire ? (grand prix Jean Giono
pour l’ensemble de son œuvre, 2010).
304 pages
19 €

